L’utilité construite et évolutive comme fondement de l’ergonomie moderne
L’utilité d’un outil électroportatif ne se résume pas à une donnée figée, mais se définit comme une propriété dynamique co-construite par l’interaction constante entre utilisateurs, concepteurs et contexte d’usage. Cette dimension évolue au fil du temps, s’ajustant aux pratiques effectives et à la montée en compétence des utilisateurs. On distingue deux facettes fondamentales de cette utilité : l’utilité-destination, qui correspond aux fonctions intégrées dans l’outil, et l’utilité-valeur, qui représente la plus-value perçue par l’utilisateur en fonction de ses besoins spécifiques.
Pour garantir cette utilité, les concepteurs doivent orchestrer un dialogue entre l’univers prospectif, soit les hypothèses sur les usages et fonctions envisagées, et l’univers rétrospectif des expériences et retours réels des utilisateurs. Cette démarche itérative s’appuie largement sur le prototypage et les évaluations en conditions réelles, qui font émerger des besoins latents ou changeants, permettant d’affiner les fonctionnalités proposées.
Enfin, les démarches participatives impliquant les utilisateurs dans les cycles de conception assurent un alignement plus étroit entre utilité-destination et utilité-valeur, ce qui améliore à la fois la pertinence ergonomique des outils et leur acceptabilité dans les milieux professionnels(1).
Conception centrée utilisateur intégrant utilité et utilisabilité pour une meilleure acceptabilité
La conception des outils électroportatifs modernes dépasse la simple maîtrise de l’utilisabilité, c’est-à-dire la facilité d’usage. Elle englobe désormais l’utilité réelle afin d’éviter de produire des outils accessibles techniquement mais inadaptés aux objectifs des utilisateurs.
L’acceptabilité des innovations découle de deux piliers : l’utilisabilité et l’utilité-valeur perçue, auxquels s’ajoutent des facteurs sociaux et organisationnels qui modulent l’adoption. Cette complexité engage une approche centrée utilisateur, inclusive et itérative, qui concilie efficacité, sécurité, performance et esthétique.
Cette conception participative repose sur un équilibre constant entre anticipation des usages (univers prospectif) et validation par l’expérience (univers rétrospectif), garantissant une meilleure adéquation aux besoins réels. Elle intègre également des dimensions émotionnelles et culturelles contribuant à l’appropriation personnelle et au renforcement de l’identité utilisateur(1).
Intégration des dimensions affectives, esthétiques et sociales dans l’ergonomie contemporaine
Une ergonomie holistique au-delà de la fonctionnalité
L’ergonomie actuelle ouvre son champ d’action au ressenti subjectif de l’utilisateur, intégrant tant les aspects instrumentaux (efficacité, utilité) que non instrumentaux comme l’esthétique, le plaisir et les valeurs culturelles. Ce cadre d’expérience utilisateur global se révèle fondamental dans la conception des outils électroportatifs, notamment ceux équipés de technologies avancées.
Impact des facteurs émotionnels et identitaires
Les outils intégrant les nouvelles technologies doivent désormais considérer les effets émotionnels, ainsi que la dimension identitaire des utilisateurs. Cela favorise une meilleure acceptabilité et améliore les performances, en inscrivant l’outil dans le contexte social et professionnel propre à chaque utilisateur.
Appropriation et chaîne instrumentale
Cette intégration des dimensions affectives permet une appropriation plus profonde des outils, renforçant leur place dans la chaîne instrumentale des pratiques professionnelles et personnelles. L’expérience utilisateur devient alors un levier stratégique essentiel, dépassant la simple fonction pour influer significativement sur la satisfaction et la qualité d’usage(2).

Synergie entre technologies émergentes et ergonomie : l’exemple des exosquelettes
Les exosquelettes incarnent parfaitement la convergence entre innovation technologique et ergonomie des outils électroportatifs. Leur conception repose sur des principes biomécaniques destinés à réduire les efforts musculaires grâce à une redistribution efficace des charges et un soutien ciblé des articulations et tissus mous.
Ils diminuent ainsi les contraintes musculosquelettiques, réduisant la fatigue et le risque de blessures et contribuent à améliorer la productivité dans les tâches physiquement exigeantes. Leur intégration nécessite une démarche méthodique comprenant :
- Analyse ergonomique fine des tâches à réaliser.
- Sélection précise du modèle d’exosquelette adapté aux contraintes spécifiques.
- Formation rigoureuse des utilisateurs pour optimiser le port et la manipulation.
- Suivi régulier des impacts sur la santé et la performance des opérateurs.
Cette synergie entre outils électroportatifs et technologies portables incite à une collaboration étroite entre concepteurs, ergonomes et développeurs afin d’élaborer des solutions intégrées répondant aux exigences physiques et contextuelles des utilisateurs(3).
Approche préventive intégrée pour la sécurité des utilisateurs d’outils électroportatifs
La sécurité dans l’usage d’outils électroportatifs s’appuie sur une prise en compte simultanée et coordonnée de multiples facteurs :
- Caractéristiques physiques et ergonomiques des outils : masse, forme, adaptation aux utilisateurs et tâches.
- Aménagement du poste de travail : dimensions, conformité, accessibilité.
- Ordonnancement des tâches afin d’éviter la fatigue excessive et les postures contraignantes.
- Analyse des gestes et modes opératoires pour limiter les risques musculosquelettiques.
- Formation ciblée à l’usage sécurisé des outils électroportatifs.
- Prise en compte des facteurs sociaux et organisationnels influençant la sécurité.
- Intégration des nouvelles technologies telles que les exosquelettes et outils numériques de suivi ergonomique pour renforcer la prévention.
- Concertation continue entre concepteurs, ergonomes, utilisateurs et responsables sécurité afin d’adapter les pratiques aux évolutions technologiques et contextuelles.
Cette démarche holistique optimise la protection des opérateurs tout en améliorant l’efficacité et le confort sur les chantiers.

Sources
- Cairn.info - Revue Le Travail Humain 2013-1 p.27 : https://www.cairn.info/revue-le-travail-humain-2013-1-page-27.htm
- Cairn.info - Revue Le Travail Humain 2009-4 p.311 : https://www.cairn.info/revue-le-travail-humain-2009-4-page-311.htm
- Mawashi.ca - Futur Ergonomie & Travail (24/03/2025) : https://mawashi.ca/futur-ergonomie-travail