Adopter des tabliers ignifugés dès l’exposition à des risques thermiques pour prévenir les brûlures graves
On adopte systématiquement des tabliers et vêtements ignifugés dès qu’une exposition à des risques thermiques tels que chaleur élevée, flammes ou projections de métal en fusion est possible. Ces équipements ralentissent la combustion et s'éteignent dès la disparition de la source de chaleur, empêchant ainsi la propagation du feu et protégeant efficacement les utilisateurs.
Cette protection est essentielle dans des environnements variés, qu’il s’agisse d’industries pétrolières, de soudure, d’électricité ou même en situation domestique à risque. Par exemple, lors de travaux sous tension électrique, la gravité des blessures est largement réduite grâce à ces vêtements, ce qui justifie leur port obligatoire.
De fait, de nombreuses études montrent que la majorité des brûlures graves surviennent en l’absence de protections ignifugées ou lorsque celles-ci sont inadéquates. Cela souligne à quel point ces équipements sont le socle de la sécurité face aux dangers thermiques.
Différences techniques entre tissus intrinsèquement ignifuges et tissus traités pour orienter le choix des vêtements
Tissus intrinsèquement ignifuges : une protection permanente et fiable
Les tissus à base de fibres intrinsèquement ignifuges, comme l’aramide (Kevlar®, Nomex®) ou la laine, résistent naturellement au feu. Leur structure fibreuse empêche l’inflammation et maintient ses propriétés protectrices même après un grand nombre de lavages industriels. Cela garantit une protection constante dans la durée, un critère fondamental pour des professions exposées en permanence aux risques thermiques.
Tissus ignifugés traités chimiquement : une protection temporaire à maîtriser
Les tissus traités, tels que le coton imprégné d’un produit ignifuge comme le Proban®, ralentissent également la combustion mais perdent leur efficacité après environ 25 à 50 cycles de lavage industriel. Ce phénomène impose un remplacement fréquent pour maintenir un niveau de sécurité adapté. Le lavage doit être strictement contrôlé pour retarder la dégradation des propriétés protectrices.
Le choix entre tissus intrinsèques et traités dépend donc de la durée d’utilisation prévue, du budget et du risque encouru. Les tissus intrinsèques sont plus onéreux à l’achat (environ 40 % plus chers) mais s’avèrent plus économiques sur le long terme.
Tissus non inflammables : rares mais ultra-performants
Enfin, les tissus non inflammables, qui ne brûlent pas du tout, restent peu communs dans les vêtements professionnels courants. Leur disponibilité limitée et leur coût élevé restreignent leur usage dans des applications spécifiques ou extrêmes.
Normes et classifications régissant les vêtements ignifugés pour un choix conforme et sûr
Normes internationales sur la résistance aux déflagrations et aux arcs électriques
La norme NFPA 2112, référence en Amérique du Nord, spécifie les exigences de résistance aux déflagrations thermiques tandis que la NFPA 70E régule la protection contre les arcs électriques, classant les vêtements selon des catégories HRC (de 0 à 4) basées sur la valeur ATPV (Arc Thermal Performance Value). Cette dernière quantifie la résistance thermique à l’arc électrique.
Normes européennes : EN ISO 11612, 14116 et 11611
En Europe, les vêtements ignifugés doivent satisfaire la norme EN ISO 11612 qui couvre la résistance à la chaleur convective, rayonnante et aux projections de métal en fusion. Des classifications alphabétiques (A à F) permettent de caractériser précisément les forces du vêtement selon le type d'agression thermique.
À cela s’ajoutent les normes EN ISO 14116, dédiées à la protection contre le feu de contact de courte durée, et EN ISO 11611, spécifiquement destinée aux soudeurs. Cette dernière impose par exemple le port de tabliers aluminés et de surfaces résistantes aux flammes et étincelles.
Importance de la valeur ATPV
La valeur ATPV mesure la capacité d’un vêtement à limiter le transfert de chaleur lors d’un flash d’arc électrique. Elle s’exprime en cal/cm² et correspond aux catégories de risque HRC1 (jusqu’à 8 cal/cm²) à HRC4 (40 cal/cm² et plus). Ce critère guide le choix d’équipement adapté à la gravité des risques rencontrés.
Normes spécialisées pour les soudeurs
Les professionnels du soudage doivent se conformer à la norme AWS Z49.1-2022. Ils utilisent des tabliers aluminés et des cagoules capables de résister à des températures extrêmes proches de 1370 °C, afin de se protéger efficacement des projections et étincelles générées pendant leurs opérations.
Secteurs d’application prioritaires justifiant l’adoption de vêtements ignifugés adaptés aux risques thermiques spécifiques
Plusieurs secteurs professionnels doivent impérativement adopter ces protections. Les industries pétrolière, chimique, électrique, métallurgique et ferroviaire présentent des risques thermiques élevés, avec une exposition fréquente à des arcs électriques, flammes ou projections métalliques en fusion.
Par exemple, sur les sites pétroliers, 89 % des travailleurs sont équipés de vêtements présentant une valeur ATPV minimale de 4 cal/cm², adaptés au risque de feu éclair provoqué par les hydrocarbures. Cet équipement renforce la sécurité face à ces dangers spécifiques.
Les électriciens doivent respecter la norme OSHA 29 CFR 1910.269, qui impose un seuil minimal ATPV équivalant à la catégorie HRC2 (8 cal/cm²). Cette exigence vise à réduire sensiblement les blessures par flash d’arc, en forçant le port de vêtements ignifugés certifiés et adaptés.
Les soudeurs, quant à eux, utilisent des vêtements certifiés EN 11611, comprenant tabliers aluminés et vestes renforcées pour contrer les brûlures et projections. Ce soin dans le choix de la protection contribue à diminuer les accidents fréquents sur ces chantiers.
Il est donc indispensable d’associer chaque activité aux normes correspondantes pour garantir une protection optimale et efficace, en lien direct avec le risque d’exposition thermique encouru (1).

Bonnes pratiques d’utilisation et d’entretien pour préserver la performance ignifuge des vêtements
La longévité et la performance des vêtements ignifugés dépendent autant de leur qualité que de leur entretien rigoureux. Voici quelques conseils essentiels :
- Laver à basse température (environ 30 °C) avec un cycle doux, sans adoucissant ni agents chimiques agressifs.
- Éviter le sèche-linge pour ne pas altérer le traitement ignifuge, particulièrement des tissus traités chimiquement.
- Surveiller le nombre de lavages des tissus ignifugés chimiques (ne dépassant pas 25 à 50 lavages industriels) et procéder à un remplacement dès constat d’usure ou perte d’efficacité.
- Pour les tissus intrinsèques, limiter les agressions mécaniques ou chimiques excessives afin de préserver la structure des fibres.
- Choisir des modèles confortables (coupe, poids, respirabilité) pour assurer un port systématique et sans contrainte, condition indispensable pour la sécurité.
- Mettre en place un programme d’inspections régulières et de formations dédiées aux risques thermiques auprès des utilisateurs.
Ces bonnes pratiques garantissent la fiabilité continue des vêtements ignifugés et maximisent la sécurité sur les sites à risque. En complément, on vous conseille vivement d’approfondir la gestion de votre équipement de sécurité électrique à travers des ressources dédiées à l’entretien et au contrôle de votre matériel spécialisé.

Sources
- ateliermachineacoudre.com - https://www.ateliermachineacoudre.com/blogs/news/definition-tissu-ignifuge
- wholesafety-ppe.com - https://www.wholesafety-ppe.com/fr/blog/how-to-pick-wholesafety-ppe-fire-retardant-garment155
- quebec-linge.com - https://www.quebec-linge.com/services-duniformes/uniformes-infuges/questions-et-reponses-sur-les-produits-ignifuges